Maison Éthier évite la mise sous séquestre

Par Stéphanie MacFarlane
Maison Éthier évite la mise sous séquestre
Maison Éthier a réussi à diminuer le nombre de ventes non livrées au cours des dernières semaines. (Photo : Le Canada Français - Archives)

Pour la deuxième fois en un peu moins d’un an, Maison Éthier évite la nomination d’un séquestre et peut continuer à travailler à assurer sa survie, notamment en poursuivant sa liquidation ordonnée. L’entreprise qui a fermé son magasin de Saint-Jean-sur-Richelieu le 22 septembre a également obtenu un nouveau délai du tribunal pour se restructurer.

Lors de l’audition qui s’est déroulée à la mi-septembre, la créancière garantie de Maison Éthier, Hitachi, a demandé au tribunal de nommer un séquestre. Une requête qui a surpris la direction et KPMG, le contrôleur au dossier.

Devant cette demande, le juge Jean-François Michaud a dû trancher entre deux options : nommer un séquestre ou poursuivre la liquidation ordonnée. Cette dernière a été retenue pour permettre de générer des liquidités et de poursuivre les ventes non livrées, indique Stéphane De Broux, associé chez KPMG.

Du 7 juin à la mi-septembre, le solde des ventes non livrées est passé de 3,7 M$ à 1,5 M$. « Ça a baissé de 2,2 M$. Il y a un bon bout de chemin qui a été fait. En plus de ça, depuis le 7 juin, à cause de certains retards dans la livraison de biens, il y a des inventaires d’environ 1,4 M$ de nouvelles ventes non livrées créées, mais pour lesquelles, dans la majeure partie des cas, on a l’inventaire en mains », poursuit M. De Broux. « D’ici le prochain mois et demi, on devrait être en mesure d’avoir accompli plus de travail à ce niveau-là », enchaîne François Éthier, président et copropriétaire de Maison Éthier.

Résultats

Cette volteface d’Hitachi s’explique entre autres par les résultats moindres que ceux anticipés de la liquidation ordonnée, notamment attribuables à un retard de quatre semaines à sa mise en place et à la réaction d’Hitachi de suspendre les paiements reliés à la liquidation.

« Ça a créé de l’incertitude dans le processus, surtout par rapport à Tiger [l’administrateur de la liquidation] qui amène des biens de consignation additionnels pour bonifier l’offre. Ça a fait en sorte que Tiger a mis le pied sur le frein. Ça nous a pénalisés. Là, on réactive le processus. On a perdu un mois, mais il faut vivre avec », note Stéphane De Broux. La liquidation se poursuit à Saint-Basile-le-Grand. Des promotions seront lancées sous peu pour mousser les ventes et réduire l’inventaire, ajoute M. Éthier qui invite les gens à s’y rendre.

En réponse aux commentaires négatifs écrits sur les réseaux sociaux, Stéphane De Broux rappelle l’historique du dossier. « Ce que les gens oublient, c’est qu’au début, le 15 novembre 2018, la solution proposée par Desjardins était de nommer un séquestre et de tout liquider. En septembre 2019, c’est Hitachi qui fait cette demande. Il faut comprendre que si c’était ça qui s’était produit, tout le monde aurait perdu, sauf le créancier garanti qui en fait la demande. On a baissé les ventes non livrées de 2,2 M$ depuis le 7 juin. S’il y avait eu un séquestre, ça aurait été zéro », nuance Stéphane De Broux.

Ce dernier ajoute que les clients satisfaits de Maison Éthier sont silencieux. « Ce qu’on entend, c’est la madame qui n’a pas eu son sofa-lit. On n’entendra pas les 72 clients qui ont eu leurs meubles. On entend ceux qui sont mécontents et on essaie de trouver des solutions », dit-il.

Plan

Le juge Michaud a accepté de prolonger la liquidation ordonnée jusqu’au 17 décembre. La direction de Maison Éthier devra toutefois se présenter à nouveau au tribunal d’ici le 10 décembre. Et le juge a été clair : Maison Éthier devra avoir un plan sans quoi elle ne pourra plus continuer à bénéficier de la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

« Le plan va se préciser dans les prochaines semaines. Il faut qu’il y ait une finalité un moment donné. L’option de trouver un partenaire stratégique et de trouver une nouvelle formule pour opérer le commerce est toujours sur la table », mentionne M. De Broux.

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